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L'hypermarché a soufflé ses 50 bougies

Il y a 50 ans, le 14 juin 1963 plus exactement, Marcel Fournier, l'un des trois fondateurs du premier hypermarché de l'hexagone avait lancé : "Demain, soit je suis riche, soit je suis ruiné". Avec les frères Defforey, l'homme avait fait le pari fou d'ouvrir le plus spacieux "grand magasin" de France à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), à 24 km au sud-ouest de Paris.

Le magasin, d'une superficie de 2500m2, a été construit par Francis Bouygues à un coût très faible. La marraine de l'opération était Française Sagan, la belle-soeur de Jacques Defforey.

Les prix discount, le libre-service, le "tout sur le même toit" avec près de 5.000 références de produits frais mais également des produits non alimentaires comme l'électroménager et le textile et les 450 places de parking bénis par un curé ont révolutionné les modes de consommation des français.

Carrefour était ouvert tous les jours jusqu’à 22 heures, le dimanche matin et le lundi après-midi et était muni de 18 caisses. Les petits commerçants de la région prédisaient que ça ne pourrait pas perdurer. L'inverse s'est produit, les 110 plus fragiles commerces d'alimentation fermeront par la suite.

L'histoire se rappellera du succès immédiat de ce qui n'était pas encore nommé hypermarché. Les gens dépensaient trois fois plus que dans les supermarchés et venaient de Paris pour voir le phénomène, avec deux pompes d'essence à 0.93 franc le litre.

Les prix étaient incroyablement bas, du jamais vu, les petits commerçants pratiquaient alors des taux de marge extraordinaires. Des prix si modiques, ça ne pouvait pas durer on pensait.

Cependant, grâce à cette formule révolutionnaire, le niveau de consommation des français s'est élevé. Aujourd'hui, l'hypermarché de Sainte-Geneviève-des-Bois est composé d'un espace de 8.000 m2 et de 36 caisses.

De nos jours, l'hypermarché est certes concurrencé par le hard-discount, les familles moins nombreuses qui lui préfèrent le commerce de proximité et le e-commerce. Mais l'hypermarché fait de la résistance en proposant des produits frais en boucherie et en boulangerie et de faire ses "courses corvées" au drive. Il s'implante en ville avec des enseignes comme Carrefour Market et revoit sa politique, après le "no parking, no business", le "no connect, no business". Selon les spécialistes, l'hypermarché survivra tant que l'e-commerce ne sera pas développé.

En attendant, le 17 juin, le PDG de Carrefour Georges Plassat a sabré le champagne dans cette petite ville de l'Essonne en l'honneur du premier hypermarché fondé par les deux familles savoyardes, fier d'avoir été à l'origine de l'hypermarché, la formule de magasin préférée des français.

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