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Société et alimentation : êtes-vous végéphobe ?

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Vous est-il arrivé de charrier un compagnon végétarien ? D’oublier de changer de menu à la venue d’un ami végétarien ? Vous êtes peut être végéphobe ?

Qu’est-ce la végéphobie ?

La végéphobie désigne tout un ensemble de comportements qui se traduisent par des mesquineries à l’égard du végétarisme en général et des végétariens en particulier ; une petite discrimination par-ci, un petit rejet par-là ou bien carrément des attaques ou des peurs irrationnelles.

Cela va de la famille ou des amis qui vous traitent de dingue, vous demandent si vous broutez l’herbe de votre jardin ou s’affolent de vous voir tombé/e dans une secte, aux recommandations « officielles » vous susurrant qu’être végétarien, pourquoi pas, mais que c’est quand même risqué et qu’il vaut mieux consulter son médecin, en passant par les fins catégoriques de non-recevoir quand vous avez l’audace de réclamer des menus végétariens dans votre cantine…

Origines du terme

Le terme « végéphobie » est apparu pour la première fois dans le manifeste de la Veggie Pride en écho à l’homophobie.

Veggie Pride 2013

Le 18 mai dernier, la Veggie Pride qui se déroule depuis 2001 à Paris, aura lieu cette année à Genêve, pour une Veggie Pride Internationale. Il s'agira d'une manifestation qui rassemblera des végétariens et végétaliens pour les animaux venus de nombreux pays et pour la première fois d'un événement international et divers événements et actions ont eu lieu le 16 au 20 mai.

Elle les encourage à exprimer leur fierté d'être végéta*iens pour les animaux, à lutter contre la végéphobie dont ils sont victimes et à défendre leurs droits de citoyens.

Des millions de personnes sont végétariennes ou végétaliennes pour des raisons éthiques. Ces personnes estiment que les animaux doivent eux aussi être traités avec justice. Elles refusent la consommation de viande et boycottent l'exploitation animale, préférant se tourner vers une alimentation végétale. Leur position possède des fondements philosophiques. La question de la place réservée aux animaux dans la société a été questionnée depuis l'Antiquité. La commission de la Cour européenne des droits de l'homme a considéré que le refus d'utiliser des produits d'origine animale pour des raisons éthiques, appelé « véganisme », relève clairement de la liberté de conscience.

Le terme « végéphobie » désigne les discriminations que subissent les personnes végétariennes et végétaliennes (regroupées sous « végéta*iennes). Ce sujet, peu connu, est pourtant une réalité quotidienne pour des millions de personnes. En effet, fondé sur l'éthique, ce mode alimentaire dérange, rompt une omerta. La prise de position morale des végéta*iens qui refusent les violences faites aux animaux et s'abstiennent d'en consommer est source de moqueries (il serait ridicule d'accorder tant d'attention au bien être et au respect des animaux), d'exclusion, voire de violences. S'alimenter correctement en collectivité est difficile à cause du refus de servir des plats végétariens. Les médecins sont mal informés, souvent hostiles, et les conseils médicaux adaptés sont rares.

Que les végéta*iens s'alimentent sans cautionner l'injustice faite aux animaux est souvent vécu comme culpabilisant. Ils prouvent par leur exemple que cette alimentation est possible. La remise en question qu'ils suscitent parfois malgré eux leur est sans cesse reprochée sans ménagement. Ces violences morales ont des répercussions personnelles (y compris de santé) sociales et politiques importantes. Elles doivent être reconnues pour être combattues.

C'est dans ce sens qu'une pétition sera remise au rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté de conscience lors de la Veggie Pride.

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